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Peut-être que vous l’avez vu, peut-être que vous vous êtes dit que c’est super que c’est bizarre que c’est beau que c’est à n’y rien comprendre que c’est poussé que c’est surprenant que c’est à peu près tout ou son contraire. Cette semaine, j’ai publié pour le groupe mon premier vidéo, mon premier projet dans ce monde que je commence à peine à explorer. Aujourd’hui, je prends le temps de faire un petit retour sur mes intentions dans ce processus, sur mes premiers pas dans l’univers du vidéo.

Depuis qu’on a jeté Danse encore dans la foule, qu’on a lancé notre musique et nos paroles dans les airs pour que vous puissiez tous les attraper, je reçois régulièrement des hypothèse, des commentaires, mais surtout des questions sur nos textes. Des gens qui se demandent, qui s’essaient, parfois même qui s’obstinent à m’expliquer le sens de mes chansons. Pour moi, parfois, ça entame un processus post-création où je repense à mes propos. Où je les reclarifie, où je les revois même à l’occasion. Mais de toutes les questions, de toutes les chansons, il y a une pièce qui reste difficile à expliquer clairement, à justifier. Parce que je l’ai écrite impulsivement, parce qu’elle est née d’émotions que je ressentais sans me les expliquer. Parce que c’est une histoire que j’entrevoyais dans ma tête et que j’ai voulu partager même si je n’en percevais pas les détails. Parce que c’est une histoire que je n’ai pas voulu brusquer, une histoire à laquelle j’ai voulu laisser une saine dose d’intimité. L’histoire de quelqu’un qui recule et retourne ses pensées, l’histoire de deux personnes qui s’écoutent sans tout à fait se comprendre. Cette histoire, c’est “Sur la table”. Et faute de pouvoir la raconter plus en détail, j’ai décidé de la mettre en image, pour en amplifier ses couleurs et vous donner une chance d’entrevoir ce qui s’y cache vraiment.

Le concept m’est venu en tête rapidement. J’ai fait un plan, on a mis des souliers dans le char, puis on est partis, ma soeur, ma blonde et moi, à l’île d’Orléans. Il a plu, il a fait beau, on s’est promenés. Le plan a pris le bord. On a filmé ce qu’on a trouvé, ce qui nous parlait, ce qui nous sautait dessus. On a cherché des couleurs, des impressions, des feelings qui pourraient cadrer dans le projet. Quand le soleil s’est couché, on n’avait aucune idée de ce que j’allais garder ou de ce qui serait à refaire. Mais on trippait, et à ça on aurait pu se doûter qu’on y était parvenu.

En commençant le montage avec les scènes de ce premier tournage, j’ai vu que ça fonctionnait, que ça s’emboîtait. Il manquait seulement des visages, des gens pour donner de la vie à mon histoire. Alors je suis parti chercher ces visages. J’ai trouvé des touristes, des gens du coin, du monde qui a bien voulu se prêter au jeu. Ils ne savaient pas quel était leur rôle, n’avaient même pas entendu la chanson. Je leur ai simplement demandé de me regarder et de penser. À n’importe quoi. Ce qu’on voit dans leurs visages, c’est l’émotion qu’ils pensaient devoir montrer, ou qu’ils ressentaient vraiment, je n’en sais rien. Mais c’est la leure.

Au final, “Sur la table”, c’est du non-dit. C’est du sous-entendu. J’ai voulu que c’en soit de même sur vidéo. Qu’on y voit des bribes d’histoire, des flashes de vécu, des détails qui traduisent une ambiance, un sentiment, mais rien de plus.

Entre les souliers qui s’abandonnent, les visages silencieux et toutes les bribes de décors et de souvenirs, j’ai caché ce que j’ai pu.

De la nostalgie. De la beauté. De la tristesse. Du vécu, qui ne se dit pas, Qui se vit, seulement. Et, peut-être, un petit peu dans les coins, qui se devine.

 

Émile BG

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