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Ça fait un bout que je ne vous ai pas écrit. C’est que je travaille fort pour écrire autre chose, vous devinerez quoi (si vous ne devinez pas, je retravaillerai mon titre pour le rendre plus direct). J’y travaille et c’est surtout dur parce qu’il faut être certain de vraiment dire les choses comme il faut. Parce qu’une chanson, c’est pas un journal intime; c’est une affiche qu’on veut juste montrer à tout le monde.

Comme Alex vous l’a déjà mentionné dans son dernier billet, on monte tranquillement ce qui devrait devenir un album. On a des tounes qui ont déjà pas mal d’allure, d’autres qui avancent mais ont besoin d’une bonne deuxième couche. Quelques échographies de chansons aussi; on ne sait pas trop à quoi elles vont ressembler en sortant, mais on se doute qu’on va les aimer. Ça commence à faire une pile assez grosse pour qu’on puisse s’amuser à chercher des points communs, des lignes directrices. D’où l’importance que ce soit vraiment écrit exactement comme on le veut.

Écrire des chansons, au moment où on les écrit, ça ne paraît pas si dur. Quand le crayon est posé sur la feuille, quand ça déboule, ça va. Le problème, c’est qu’après on se relit et on se demande. On se demande ce que les gens vont demander. En fait non, on sait ce qu’ils vont demander : ça parle de quoi? De qui? On se demande ça mais surtout comment on va répondre.

Parce que quand j’écris, ça ne vient pas d’une intention bien définie, d’un message à passer. Les gens que j’écris, je les écris parce que d’un coup je les vois apparaître dans la chanson. Pas parce que je me suis dit, assis à table, que je devrais aller écrire une chanson sur eux. Ce que j’écris, ce sont des personnages. Oui, c’est sûr, ils ressemblent à des gens dans mon entourage. Faut bien s’inspirer de quelque chose. Mais l’écriture de chanson, pour moi, ça sera toujours de la création. Alors quand on me demande de qui ça parle, je suis toujours un peu mal pris. « C’est quelqu’un que tu connais? » Non, peut-être un peu oui, mais pas vraiment.

On m’a demandé qui était Émilie, d’où venait Marie, qui se cachait derrière Dans ta tête, on m’a même demandé si Couleurs parlait de mon daltonisme. C’est certain que chaque nouvelle chanson attirera ses propres questions, et c’est normal. Et c’est bien aussi je crois, parce que ça me force à me poser la question à moi-même. Et, surtout, c’est cool parce que ça prouve que la chanson fait son chemin et fait son travail dans la tête des gens. Ça justifie un peu le temps qu’on investit.

Quand on écrit, on sait qu’on va se faire demander pourquoi on fait ce qu’on fait. La réponse, pour moi, c’est simplement que c’est ce que j’avais dans la tête en écoutant ma chanson. Donc quand on me demande qui c’est dans la chanson, je suppose que la réponse devrait toujours être que c’est moi. À partir de ce moment-là, il faut accepter d’être un peu défini par ce qu’on écrit. C’est ça qui est trippant et épeurant en même temps. C’est ça qui est dur. C’est ça qui fait qu’une chanson peut sonner vraie.

Tout ça pour dire que je vous prépare tranquillement des nouvelles chansons, et que je compte sur vous pour vous préparer à me poser des nouvelles questions.

Émile BG

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